Application intégrale de l’accord Le Rassemblement va-t-il lâcher prise ?

Le respect total de l’Accord du 31 décembre semble devenir hypothétique. Bruno Tshibala qui semble trouver sa part, appelle l’aile dure du Rassemblement à laisser tomber les revendications sur l’application intégrale du compromis de la Saint Sylvestre et mettre le cap sur les élections. « Erreur », pensent certains irréductibles de Limete.    La bataille du Rassemblement pour le respect de l’Accord de la Saint Sylvestre parait être perdue d’avance. Le Président de la République en bottant en touche la signature de l’arrangement particulier, a semblé ignorer la mise en œuvre intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre. Le Rassemblement, après avoir manqué sa marche populaire du 10 avril, parait affaibli sur ce terrain. L’unique d’ailleurs qui puisse rester comme moyen de pression face à un régime qui a repris la main sur le contrôle de la situation politique, pour l’instant.  Et depuis la nomination contestée du nouveau Premier ministre, Bruno Tshibala Nzenze, le camp présidentiel appuyé par les opposants acquis à sa cause, suggère avec fracas de laisser tomber les discussions sur le respect intégral de l’accord et d’aller à l’essentiel, c’est-à-dire les élections. « L’idée semble fascinante et simple. Mais elle ne peut convaincre que les naïfs », a réagi sur facebook, le député MSR Muhindo Nzangi.  « En fait, Kabila contourne les garanties contenues dans l’Accord et se présente comme quelqu’un qui veut organiser les élections alors qu’il n’en veut pas. », explique cet élu de l’opposition. Pour ce dernier, l’exercice de Kabila a consisté à esquiver les deux leviers, à savoir les acquis pour l’alternance. Notamment l’impossibilité d’organiser le référendum pendant la transition ainsi que l’impossibilité, pour Kabila, de rempiler un troisième mandat. Et puis, l’exigence de tenir le scrutin en décembre 2017. L’autre levier, ce sont des garanties pour le respect des acquis et des élections transparentes dans le délai requis. Il s’agit entre autres de  la restructuration de la Ceni et de la décrispation du climat politique, notamment par la libération des prisonniers dits politiques et l’abandon des poursuites judiciaires qui auraient de mobile politique.  Devant ces pans entiers de l’accord effacés par Joseph Kabila, le Rassemblement redoute que le scrutin n’intervienne à la fin 2017.  Ces revendications pour une application intégrale de l’accord commencent à être marginalisées. Et pourtant, le risque d’un report des élections au-delà de 2017 persiste toujours. Mais la Majorité présidentielle minimise. Comme d’ailleurs le note une analyse faite par deux journalistes d’une chaine publique la démontre. Pour l’un de ces deux chroniqueurs, les querelles autour de l’application intégrale du document de la Saint sylvestre restent « une tempête dans un verre d’eau ». Avant d’ajouter que les chiens continueront à aboyer et la caravane, elle, continuera son chemin.  Le Rassemblement qui veut obtenir via une bonne application de l’accord des garanties nécessaires pour aller dans un scrutin apaisé est donc averti. Peut-être des nouvelles stratégies s’imposent, si la méga plateforme de l’opposition aujourd’hui fragilisée par des dissensions veut continuer à tenir sur ses lignes.

CN   

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