Antipas Mbusa invite Félix Tshisekedi à être pratique

S’accrochant à l’Accord politique signé le 31 décembre 2016, les leaders politiques membres du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop) exigent la tenue de l’élection présidentielle au plus tard le 31 décembre 2017. Pour espérer gagner ce pari, Félix Tshisekedi, le président du Rassop appelle à l’unité de toutes les forces acquises au changement.

Au cours d’une conférence de presse animée le 5 septembre à Kinshasa, Félix Tshisekedi, président du Rassemblement lançait un appel pressant à la nécessaire unité de toutes les anti-Kabila pour accélérer le processus de l’alternance démocratique et libérer le pays d’ici au 31 décembre 2017 ». Pour lui, « l’unité de toutes les forces de l’Opposition constitue un gage pour barrer la route à l’imposture ».
L’appel de Félix Tshisekedi suscite des interrogations de la part de certains observateurs de la scène politique congolaise. Qui feront partie de l’Opposition recomposée ? Que deviendra le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop) ? Comment va procéder Félix Tshisekedi pour réunir tout le monde ? En effet, pendant que Félix Tshisekedi n’a même pas encore dévoilé son plan pour obtenir l’unité de l’Opposition, certaines voix s’élèvent dans les milieux des combattants pour choisir qui peut faire partie de l’Opposition et qui doit être tenu à l’écart.

Appeler sans conditions
Président du RCD/KML, Antipas Mbusa Nyamwisi, qui vit en exil en Afrique du Sud, estime que l’appel à l’unité de l’Opposition ne doit pas être subordonné par des conditions. Comme lui, plusieurs acteurs socio-politiques croient que le président du Rassop doit gérer avec tact, sans tomber dans le piège des combattants qui sont passés experts dans la diabolisation des leaders de l’opposition. En gros, il doit être pragmatique, en allant par exemple vers les autres acteurs ; ceux qui sont en froid avec Limete pour leur expliquer le bien-fondé de son idée d’appeler à l’unité de la famille oppositionnelle.
En appelant à l’unité de toutes les forces politiques et sociales de l’opposition, Félix Tshisekedi, analyse un acteur politique de l’Opposition qui a requis l’anonymat, doit avoir fait sien l’adage selon lequel « l’union fait la force ». L’opposition togolaise, qui regroupe et ceux qui avaient travaillé Eyadema père et fils et ceux qui sont dans l’opposition depuis plusieurs années, est en train d’administrer une leçon en ce qui concerne l’unité.

Comment sécuriser Kamerhe, Bazaïba… ?
Après la conférence de presse de Félix Tshisekedi au cours de laquelle il avait appelé à l’unité pour la mise en place d’une méga plate-forme « anti-Kabila », quelques leaders de l’Opposition étaient déjà pointés du doigt. Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et Eve Bazaïba, Secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC) sont considérés comme des traitres par certains combattants. Pourtant, l’histoire retiendra que Vital Kamerhe bien que son parti participe au Gouvernement Tshibala, était le premier à appeler à l’unité de l’Opposition. Considéré comme un traitre, des combattants ne veulent pas entendre parler de lui au sein de l’Opposition refondée. C’est le cas aussi pour la dame de fer du MLC. Ancien cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Eve Bazaïba avait rejoint le MLC de Jean-Pierre Bemba en 2006.
Bien que prêts à rejoindre le front « anti-Kabila » voulu par Félix Tshisekedi, d’aucuns se demandent si Vital Kamerhe, Eve Bazaïba et les autres opposants bannis à Limete pourront mettre leurs pieds, sans être inquiétés au siège de l’UDPS où se réunissent les dirigeants du Rassemblement ?
Félix Tshisekedi devrait prouver à la face du monde qu’il a des épaules larges pour mettre tous les opposants autour de son projet, mais surtout qu’il contrôle les humeurs des combattants.

Thomas NABOR

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WhatsApp chat