OGEFREM : les frasques d’Anatole Kikwa

Le 25 avril dernier, le directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM) s’est illustré par des insultes contre son adjoint, India Omari. Un écart de langage qui cache bien d’autres écarts, surtout ceux liés à sa gestion. Retour sur les frasques d’un responsable d’entreprise qui se comporte en potentat.

Tout monde s’est indigné du comportement du directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM), Anatole Kikwa qui a débité des injures abjectes contre son adjoint, India Omari Idi.
Ce scandale n’est pas une première signature du concerné. Depuis qu’il est à la tête de cette entreprise publique, l’homme s’illustre souvent par des écarts non seulement de langage, mais aussi des écarts dans la gestion. Et des cas sont légions.

VENTE ILLICITE DU CHARROI AUTOMOBILE
Pas plus tard qu’au début de ce mois, il a fallu une pression d’India Omari pour que Kikwa renonce enfin à la vente illicite du véhicule Toyota Hilux de la DPNK/Goma alors qu’il a été établi que ce véhicule n’a jamais été déclassé et est en bon état. Kikwa avait donc autorisé une démarche qui, du reste, n’aurait pas suivi les règles et procédures en la matière.

MADAME VOYAGE AUX FRAIS DE L’OGEFREM
Octobre 2014, le Directeur général de l’OGEFREM a fait profiter à son épouse, Tshumbu Peya Liliane, plus de 12 000 dollars des frais de mission pour le compte de la société alors que cette dernière n’est pas employée de l’OGEFREM. Il s’agissait de deux documents dont un ordre de mission collectif N•DG/DRH/SDP/GESPERS /0320/10/2014 daté du 25 octobre 2014 pour se rendre dans la ville commerciale Chinoise de Guang Zhou pour une durée de 15 jours. En plus, Mme Kikwa devait se faire accompagner d’un interprète, le nommé Ipalavar Omen qui sera payé trois cents dollars (300$) de perdiem. « Un total de douze milles dollars (12000$) est dégagé par le document en raison de sept mille cinq cents dollars (7500$) pour Tshumbu Peya Liliane et quatre mille cinq cents dollars (4500$) pour Ipalavar Omen », révélait avec plus de détails le site d’information Politico.cd.

7 MILLIARDS D’IMPOT INTROUVABLES
Kikwa s’est aussi illustré dans le dossier fiscal. Environ 7 milliards de francs congolais, l’équivalent de 6,5 millions de dollars américains entre 2012 et 2016, au titre de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) et IPR (Impôt Personnel sur le Revenu) n’ont pas été versés à la DGI (Direction Générale des Impôts).
La colère a été telle que la délégation syndicale de l’OGEFREM avait vivement interpellé Kikwa. « Au regard de textes légaux et conventionnels notamment le droit OHADA, nous interpellons votre qualité personnelle pour que le versement attendu (par la DGI) de cette confirmation de créance s’effectue dans le meilleur délai et sans porter atteinte aux droits des travailleurs qui, eux, s’acquittent au quotidien de leurs tâches et attendent leurs salaires à la fin du mois. Autrement dit, en votre qualité de collecteur d’impôts en faveur du Trésor Public et ce, conformément à l’article 44 des statuts de notre cher office, nous demeurons disposés à vous accompagner dans les résolutions pertinentes qui aideront à éponger cette créance sans porter atteinte ni aux droits des travailleurs et ni à la survie de l’Office », écrivait la délégation syndicale à son DG. Le 22 mars, le Premier ministre Samy Badibanga avait initié une mission sur ordre du Chef de l’Etat, pour faire la lumière sur ce dossier d’un vaste détournement de l’argent du Trésor public.

50 MILLIONS DE FRANCS CHAQUE SEMAINE
Une source interne, qui a requis l’anonymat, a confié à Congo Nouveau que Kikwa sortirait fréquemment chaque semaine près de 50 millions de francs congolais des caisses de l’office pour ses besoins de mercenariat à Kenge.

TRAFIC D’INFLUENCE
Trafic d’influence. C’est également l’écart qui collerait à la peau du numéro un de l’Ogefrem. L’homme agirait tout en étant sûr de ses « Parapluies », constituées de ses frères de l’espace Bandundu proches du chef de l’Etat.
Tous ces faits comme bien d’autres non épinglés dressent un tableau sombre des actes pour le moins scandaleux de ce responsable d’une grande entreprise publique qui se comporte en potentat. Affaire à suivre dans nos prochaines éditions!

CN

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