Elections 2017 : le Rassop sans projet contre Kabila

Les leaders du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop), notamment son président, Félix Tshisekedi, clament sur tous les toits que les élections présidentielle et législatives doivent se tenir au plus tard le 31 décembre 2017. Pour eux, Joseph Kabila n’aura pas un seul jour de plus si la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) n’organise pas le scrutin.

Lors de sa dernière conférence de presse tenue le 5 septembre à Kinshasa, Félix Tshisekedi a lancé un appel pressant sur la nécessité unité de toutes les forces anti-Kabila pour accélérer le processus de l’alternance démocratique et libérer le pays d’ici au 31 décembre 2017. Pour lui, « l’unité de toutes les forces de l’Opposition constitue un gage pour barrer la route à l’imposture ».
Dans la foulée, il a rejeté l’idée de toute négociation avec le pouvoir en place.
Dans une interview accordée, au mois de juillet dernier, au magazine français Jeune Afrique, Martin Fayulu, président de l’Ecidé, parti membre et de la Dynamique et du Rassemblement avait tranché en ces termes : « Elections ou pas, Joseph Kabila n’aura pas une année de plus à la tête de la République Démocratique du Congo ».
« Face aux déclarations irresponsables de Corneille Nangaa, président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), le Rassemblement pense que les élections doivent avoir lieu cette année. C’est impératif. Cela a été décidé lors du dialogue mené par la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et nous tenons à ça ». Ces propos tenus par Martin Fayulu, lors de l’émission NewForum orga montrent que l’Opposition congolaise est prête pour affronter les élections.

Rien que des déclarations
A presque trois de la tenue des élections – si l’Accord conclu le 31 décembre 2016 entre la Majorité Présidentielle et le Rassemblement est respecté – l’on ne note qu’aucun signe du côté des dirigeants du Rassop qui montrent qu’ils sont prêts pour les élections. Le discours entendu jusque-là de la part de Félix Tshisekedi et de ses pairs est celui lié au départ de Joseph Kabila du pouvoir.
Depuis quelques mois, le débat semble tourner autour d’une probable transition politique en gestation. Félix Tshisskedi, le président du Rassop, était, du reste, le premier a lancé ce débat. Pour lui, « si les élections ne sont pas organisées en décembre de cette année, nous sommes prêts à accepter une transition de six mois, mais sans Kabila ».
Alors la question : les opposants congolais se préparent-ils à participer à une transition ou aux élections qu’ils réclament pourtant chaque jour ?

Que d’interrogations sur le candidat unique
Autant tous les Congolais, mais surtout les dirigeants du Rassop attendent voir Joseph Kabila (qui ne pourra plus briguer un 3ème mandat présidentiel après ceux de 2006 et 2011) désigner son dauphin, autant les opposants sont attendus quant à la désignation de celui qui portera l’étendard du Rassemblement lors de la prochaine présidentielle.
Candidat déclaré à la bataille présidentielle depuis plus d’un an, Moïse Katumbi, voit ses ambitions se heurter aux ennuis judiciaires. De plus en plus, l’ion note que ses chances d’affronter le candidat de la Majorité Présidentielle s’amenuisent chaque jour qui passe même si les dirigeants du G7 et de l’Alternance pour la République (AR), les deux plates-formes qui soutiennent sa candidature, croient encore à la présence de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga dans la course.

Quand l’UDPS brandit son joker
Pendant que tous les dirigeants du Rassop exigent la libération des opposants qui sont en prison et le retour de ceux qui vivent en exil, dans le cadre de la décrispation politique, les combattants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ne voient pas une élection présidentielle en RDC sans le candidat de leur parti. Reçu dans l’émission Top Presse, il y a quelques mois, Félix Tshisekedi indiquait que l’UDPS présentera sûrement un candidat lors de la prochaine présidentielle.
Et c’est candidat pourrait être Félix Tshisekedi lui-même. En effet, à l’issue d’une rencontre avec les combattants, Augustin Kabuya, le porte-parole de l’UDPS, affirmaient que ceux-ci (combattants) ont plébiscité Félix Tshisekedi comme le candidat de leur parti à la magistrature suprême. « Je confirme. C’est le souhait de la base de l’UDPS. La base a exprimé son désir de voir Félix Tshisekedi briguer la magistrature suprême. Pour quel intérêt je dois m’opposer (…). Nous avons aussi dit que cela va être exprimé pendant le congrès. Je tiens à préciser que lors de la matinée politique tenue la semaine précédente, la base m’avait demandé de rapporter à Félix Tshisekedi ce souhait », déclarait Augustin Kabuya, dans une interview accordée au site actualite.cd, le 11 juillet 2017. Dans la même interview, le porte-parole de l’UDPS affirmait qu’il ne voyait pas comment les participants au congrès pouvaient s’opposer au souhait de la base.
Pour certains analystes, l’Opposition congolaise aura du mal, comme lors de la présidentielle de 2006 et 2011, de se mettre d’accord sur un candidat commun ou unique. Wait and see.
Thomas NABOR

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